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En Afrique du Sud, tous les moyens sont bons pour « dégager » Jacob Zuma

Pour ses 75 ans, le 12 avril, on a apporté au président sud-africain un gâteau géant jaune-vert-noir, les couleurs du Congrès national africain (ANC), afin qu’il le découpe, comme le veut la tradition. Dans la tente plantée à Soweto, où est organisé l’anniversaire de Jacob Zuma, tout semble aller pour le mieux, à quelques détails près. On remarque les absents : le vice-président, Cyril Ramaphosa ; le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, le trésorier général du parti, Zweli Mkhize, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Baleka Mbete. Mais on fait comme s’ils n’existaient pas.

On fait aussi comme si les dissensions au sein du parti au pouvoir depuis 1994 n’avaient pas atteint un stade critique. Depuis un an, pourtant, une partie de l’ANC regroupe ses forces pour tenter de pousser Jacob Zuma vers la sortie. L’ANC est déchiré, les « grands anciens », les barons des premières années de pouvoir et les cadres historiques du mouvement, semblent en majorité ligués contre le président. Mais celui-ci tient encore d’une main de fer les organes dirigeants du parti, il a créé ses propres obligés, ministres, députés, responsables des branches locales de l’ANC ou des provinces. Jusqu’à nouvel ordre, il semble indéboulonnable.

Il doit, selon le calendrier prévu, abandonner son rôle de président du parti à la fin de l’année, lors de la conférence nationale élective lors de laquelle la personne destinée à lui succéder sera élue. Sa candidate n’est autre que son ex-femme, Nkosazana Dlamini-Zuma. En face, les autres factions ont au moins un candidat, Cyril Ramaphosa, et quelques jokers. La conférence, organisée en décembre, soumettra le choix de l’équipe dirigeante aux branches locales de l’ANC. Le combat promet d’être rude, on s’oppose déjà dans les sections locales. Dans le Kwazulu-Natal, la région d’origine de Jacob Zuma – et le plus gros réservoir de votants –, on va jusqu’à s’entre-tuer.

Jacob Zuma tiendra-t-il jusqu’en décembre ? S’il y parvient, estiment ses ennemis, tout son système reprend un ticket de règne pour cinq autres années. Au sein de l’ANC comme dans l’opposition, ils essayent donc tous les moyens pour s’attaquer à lui. De son côté, le chef de l’Etat ne faiblit pas. Sa décision de limoger le ministre des finances, Pravin Gordhan, a été comprise comme l’ouverture d’une razzia en règle sur les finances publiques, avec la complicité des frères Gupta, ces hommes d’affaire d’origine indienne associés à divers membres de la famille Zuma et qui ont pris la main sur certaines décisions au plus haut niveau de l’Etat. On parle désormais de « capture d’Etat » et une partie du pays semble se soulever à cette idée.

Le bleu des libéraux, le rouge des radicaux

Tandis que Jacob Zuma s’apprêtait à découper son gâteau, une manifestation baptisée « journée d’action nationale » s’assemblait à Pretoria, à l’appel de plusieurs partis d’opposition et de l’organisation SaveSA (« Sauvons l’Afrique du Sud »). L’objectif est simple : regrouper le plus de monde possible et exiger la démission de Jacob Zuma. La manifestation a été autorisée, mais le nouveau ministre de la police, Fikile Mbalula, a averti que tout débordement serait traité avec sévérité. Parmi les dix partis d’opposition qui se sont assemblés dans la matinée sur une place du centre de Pretoria, sept n’ont pas recueilli plus de 1 % des suffrages lors du dernier scrutin national, en 2016. Mais ensemble, ils peuvent songer à mettre l’ANC en difficulté.

En ce mercredi 12 avril, néanmoins, la perspective semble lointaine, tant tout démarre mal. Le matin, il pleut à verse. Les compagnies de bus sont en grève. C’est un jour de semaine. Le vendredi précédent, déjà, une première manifestation appelant la société civile à manifester s’était tenue à Pretoria. La journée de mercredi devait constituer un test pour l’opposition. Le premier parti de cette mouvance, en nombre de voix, c’est l’Alliance démocratique (DA), qui a obtenu 26,77 % des voix aux élections locales de 2016. Son leader, Mmusi Maimane, n’est pas là. Le vendredi, il avait défilé avec un gilet pare-balles, disant avoir reçu des menaces de mort.

Dans la foule qui se regroupe au cours de la matinée, une couleur domine le bleu de la DA : le rouge des Combattants pour la liberté économique (EFF). La formation de Julius Malema a obtenu 8,14 % des voix aux dernières élections. Elle promet de nationaliser les mines, les banques et les terres agricoles pour les « redistribuer ». EFF a fait venir, à bord d’une flotte de bus, une foule immense de militants vêtus de rouge. Lindy Wilson, députée DA tout de bleu vêtue, semble noyée dans cette foule écarlate. Sa formation défend un programme d’inspiration libérale alors que ses alliés d’EFF, eux, appartiennent à la mouvance radicale. Sur le spectre politique sud-africain, on fait difficilement plus éloigné.

Mais l’heure n’est pas aux programmes ni à la stratégie, il s’agit seulement de tenter de faire tomber Jacob Zuma. Certains observateurs estiment que les cerveaux de la DA, en réalité, jouent un double jeu. Qu’ils espèrent au contraire voir Jacob Zuma s’éterniser au pouvoir, puisque cela constitue le meilleur moyen d’attirer à eux les votes des déçus parmi les Noirs qui votaient jusqu’ici pour l’ANC. L’objectif, ce sont les élections générales de 2019, avec la perspective de voir le parti de Nelson Mandela perdre, pour la première fois depuis 1994, la majorité.

Aux élections municipales, l’année passée, l’ANC n’avait rassemblé que 55,33 % des suffrages, le plus bas niveau depuis son arrivée au pouvoir. « Il faut que ça continue. Les gens doivent réaliser que le pouvoir est entre leurs mains, dans la rue ou lorsqu’ils votent », affirme Lindy Wilson, à la tête de la DA pour la province du Limpopo et membre du « cabinet fantôme » du parti pour le développement social, un peu gênée par son casque de chantier en plastique bleu, sorte de réplique des casques d’EFF qui symbolisent leur lien avec le monde des travailleurs modestes, ouvriers, employés de maison…

Quand le président joue la carte du racisme

Quelques jours plus tôt, le président Zuma a lancé une attaque frontale contre les manifestants, affirmant qu’il s’agit de « racistes ». A l’appui de sa démonstration, il a affirmé que des pancartes, lors de la manifestation de vendredi, avaient traité les Noirs de « babouins ». On n’a pas vu ces pancartes, et la manœuvre consistant à tenter de faire la démonstration que ceux qui s’opposent à Jacob Zuma sont des Blancs racistes et frustrés – un thème repris à l’unisson par ses proches dans une forme de dérive inhabituelle en Afrique du Sud – sera atomisée dans le courant de la journée de mercredi. Car parmi les manifestants dont le flot grossit à mesure que passent les heures, on trouve au fond bien peu de Blancs.

Qu’il y ait des racistes en Afrique du Sud, cela ne fait aucun doute, mais cet événement n’est pas leur lieu d’expression. « Le racisme, il faudra deux générations pour en venir à bout dans ce pays, avance Lindy Wilson. Mais il est révélateur que Zuma n’ait plus qu’une carte à jouer, celle du racisme. » Cette idée, elle va être débattue, moquée, réduite à sa dimension manipulatrice. Nkanyiso Nqgulanga, 20 ans, militant d’EFF, le clame haut et fort : « Jacob Zuma nous prend pour des idiots. Il organise un pillage de l’Etat et qui en sont les victimes ? Les plus pauvres, nos parents. Nous, ce qu’on veut, c’est le socialisme. »

Au-delà de la manifestation, cette opinion gagne-t-elle du terrain dans les esprits ? Et qu’espère au juste cette opposition très hétéroclite ? Ce n’est pas dans la rue que le pouvoir sud-africain risque de tomber, mais les opposants comptent obtenir de la Cour constitutionnelle que les députés puissent voter à bulletin secret lors d’une motion de censure contre le président. Cette motion devait être présentée mardi 18 avril, la date a été repoussée.

Mais dans l’intervalle, les craquements semblent se multiplier dans la carapace de Jacob Zuma. Le chef de l’unité d’élite de la police, les Hawks, a été débarqué contre son gré mercredi. Et le sommet de l’ANC n’est pas venu prêter allégeance au chef de l’Etat lors de son anniversaire à Soweto. Jacob Zuma, s’il respecte sa parole, n’a que huit mois à tenir. Mais ils seront rudes.

 

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