Des membres de la Croix-Rouge en Guinée. Une semaine après le meurtre de membres d'une équipe en campagne de sensibilisation sur Ebola dans le sud de la Guinée, 27 personnes ont été arrêtées, a annoncé mercredi le ministre guinéen de la Justice. Une semaine après le drame, l'émotion est toujours vive en Guinée. Le 16 septembre, huit des neuf membres d'une équipe de prévention anti-Ebola ont été tués lors de violences survenues dans le village de Womey, proche de N'Zérékoré, la plus grande ville du Sud guinéen. L'équipe étaient composées de responsables administratifs et de santé ainsi que de trois employés de médias.

"La plupart des principaux auteurs de ces crimes ont été mis aux arrêts. Ce sont au total 27 personnes", a déclaré le ministre Cheick Sacko lors d'un point de presse. "Les personnes arrêtées, dont le principal auteur présumé de la tuerie, un commerçant, sont détenues à N'Zérékoré", a ajouté le ministre, sans détailler la date des interpellations. Elles "font l'objet d'un interrogatoire devant le procureur de la République de N'Zérékoré", a-t-il poursuivi. "Le gouvernement ira jusqu'au bout dans ce dossier. Je promets de rendre justice et de faire payer aux coupables le prix de cette tragédie inhumaine", a-t-il déclaré.

Quant aux motifs, ils ne font qu'accentuer la tragédie. La délégation en mission de sensibilisation avait été attaquée "à coups de pierres et de bâtons" par des villageois qui l'accusait "d'être venue les tuer", croyant Ebola était "une invention des Blancs pour tuer les Noirs", selon une source sécuritaire locale.

C'est la première fois depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, qui s'est déclarée en Guinée, qu'une réaction d'hostilité de populations à des actions officielles menées contre la maladie aboutit à des morts.

Mais la tension et les rumeurs rendent le travail des équipes de prévention un peu plus difficile. Selon des témoins, la ville de Forécariah (Sud) a été mardi le théâtre de heurts entre des habitants et une équipe de la Croix-Rouge déployée pour récupérer le corps d'une femme victime supposée d'Ebola.

Des habitants qui s'opposaient à l'intervention de l'ONG  - en réaction à des rumeurs selon lesquelles la Croix-rouge entendait récupérer le corps pour le découper - ont pris à partie les humanitaires, ils leur "ont jeté des cailloux", selon un des témoins, qui a précisé que "les volontaires de la Croix-Rouge ont dû fuir".

La réaction de colère a dégénéré en manifestation, qui a paralysé la circulation dans la ville et provoqué la fermeture de certains commerces, d'après les mêmes sources. Aucune des sources jointes n'a fait état de blessé. La famille de la femme soupçonnée d'être morte d'Ebola a finalement récupéré son corps et procédé à son inhumation.